La violence conjugale : les chiffres:
Au moins 2 millions de femmes sont victimes de violence conjugale en France. 400 d'entre elles meurent sous les coups de leur conjoint chaque année, soit plus d'une femme par jour ...
Et pourtant il est plus difficile de quantifier cette violence dans le couple. La plupart des études menées s'appuient donc sur les données de la police et celles de la justice, sur des récits de femmes victimes de violences et des associations qui les accueillent.
L'enquête établie par le Centre National d'Information des Droits des Femmes révèle que 43,9 % des femmes interrogées déclarent avoir été victimes de ce type de violences
Aujourd'hui encore trop de femmes sont battues .... Comme le montre ces chiffres , la violence faite au femmes n'est absent d'aucuns foyers...
Comment un homme peut t'il etre lache a ce point??
Mon avis sur le sujet je pense est clair donc place au témoignages... Parce que personne ne doit subir la violence...Femmes , n'hesitez pas ; Apellez le 3919
Témoignage de C.
Je m'appelle C, j'ai 50 ans et deux filles de 17 et 20 ans. J'ai toujours travaillé sauf quand j'ai eu ma deuxième fille. Mon mari ne m'a jamais demandé d'arrêter de travailler. Au contraire, il fallait que je travaille pour ramener de l'argent. Il était facteur et à ce moment-là, il travaillait la nuit, à 4 h du matin. C'était un homme galant : il m'ouvrait toujours les portes. Tout ce que je faisais était bon pour lui. Je pouvais continuer à voir mes copines, m'habiller comme je voulais. Il n'était pas jaloux. On se voyait tous les après-midi. Donc je n'ai pas vu que c'était un alcoolique car il buvait toujours le soir. C'était un bon vivant, il me disait qu'il aimait bien boire un verre mais cela ne m'a jamais inquiétée car mon père aussi aimait boire un verre mais raisonnablement
La violence a commencé quand on s'est mariés. Elle était d'abord psychologique et morale. Quand il avait bu, si ça ne se passait pas comme il le voulait, il cassait tout : la table, la vaisselle. Mais le lendemain quand je lui disais, il me disait de ne plus parler de cela, qu'on était bien, calmes. Il me demandait si je cherchais encore de la dispute, alors je me taisais. C'était un homme qui cherchait les problèmes, aux voisins, à ses collègues et quand on les cherche, on les trouve. Il était très autoritaire, dominateur avec nos filles. Elles avaient très peur de lui et même actuellement, elles ne veulent toujours pas le voir. (...) Une fois qu'il avait bu, il a obligé ma fille de 8 ans à conduire sur l'autoroute et il lui a dit de ne rien me dire sinon il me tuait. Quand les enfants ne faisaient pas ce qu'il disait comme il le disait, il lui arrivait de leur mettre une claque et elles avaient tellement peur qu'elles faisaient pipi sur elles. Il lui arrivait quelques fois de prendre des médicaments devant nous ou de prendre un couteau et de se couper les veines.
La violence physique a commencé le jour où j'ai refusé qu'on achète un terrain à bâtir à côté de la maison pour y faire un terrain de jeux pour les enfants. C'était la première fois que je ne voulais pas faire quelque chose qu'il disait. Ce jour-là, il a tout cassé dans la maison, il a appelé la police parce que je ne voulais pas signer la promesse d'achat. Il a porté les enfants chez ma mère et quand il est revenu, il m'a battue, j'avais le visage tout noir.
A partir de ce jour-là, je n'ai plus eu qu'un homme méchant même quand il n'avait pas bu. Il m'a battue régulièrement même devant les enfants. Un jour, il voulait encore que je signe pour le terrain, je n'ai pas voulu et il m'a dit que si je restais là le week-end, il me tuait. Alors j'ai décidé d'aller chercher mes enfants à l'école et je suis allée au Refuge pour Femmes Battues. Je suis restée là six mois. On m'a montré que ce que je vivais était grave, que ce n'était pas ma faute, que j'en avais déjà beaucoup trop supporté.
Témoignage de F.
Je m'appelle F, mon père buvait et frappait ma mère. A la fin, il la frappait toutes les semaines. Ma mère en a eu marre. Elle a rencontré quelqu'un d'autre et a quitté mon père. A partir de ce moment-là, j'ai été ballottée d'un coin à l'autre (chez mon père, chez ma mère). L'homme qui vivait avec ma mère était violent avec moi et mes frères et soeurs.
Adolescente, je n'ai pas fait des choses de mon âge. Ma mère préférait que je n'aille pas à l'école pour l'aider à nettoyer. Je ne pouvais pas sortir. C'est pour cela que je n'ai pas fait de hautes études.
J'ai rencontré mon mari à 16 ans 1/2. Mon mari a demandé ma main à ma mère et ma mère m'a poussée dans ses bras comme elle l'a fait avec mes autres soeurs. Au début, ce n'était pas l'amour fou mais j'ai surtout été attirée par ses parents. Ils étaient très gentils avec moi, ils me donnaient l'affection que je n'ai pas eue de mes parents. Je me suis fiancée à 17 ans. Je pensais que je vivais un conte de fées. Sa famille m'offrait plein de cadeaux et l'affection que je n'avais pas eue de ma famille. J'ai arrêté d'aller à l'école et j'ai commencé à travailler. Je gagnais 24.000 F et ma mère me prenait 22.000 F. Il voulait déjà à ce moment-là m'empêcher de travailler car on allait bientôt se marier. Puis j'ai reçu mon préavis. Dès les fiançailles, c'est lui et sa famille qui m'achetaient mes vêtements à leur goût. Je n'ai pas pris attention car ce qu'ils m'achetaient me plaisait et ma mère ne nous achetait jamais de vêtements. On a eu quelques petites querelles mais rien qui m'ai alarmé. Je me suis mariée à 18 ans. J'ai eu ma première claque deux mois après le mariage car j'ai voulu aller passer un examen chez Côte d'Or et il ne voulait pas. Pour lui, une femme devait rester à la maison. J'ai quand même passé l'examen mais je l'ai raté. Mon beau-père a donné un avertissement à son fils. Puis quand j'ai été enceinte, il a commencé à devenir vulgaire. Quand je devais aller chez le gynécologue, il disait : "Tu vas encore écarter les jambes..." Quand j'ai été enceinte de 7 mois, il m'a poussé dans les escaliers. Après l'hôpital, je suis retournée chez ma mère mais mon mari et ma belle-famille m'ont convaincu de réessayer pour le bébé. Ma mère aussi me faisait comprendre que je ne pourrais pas rester chez elle. Je suis donc retournée. Jusqu'à la naissance, ça a été, il a été correct. Après l'accouchement, j'ai fait une dépression car je voyais que mes beaux-parents prenaient emprise sur mon fils et cela a continué. Après quelques mois, je me suis doutée qu'il avait une maîtresse et je lui ai demandé. Il a alors vu que je me "réveillais" et les disputes ont commencé "Pute comme ta mère".
Puis il s'est installé comme médium. Il recevait des gens même la nuit. Je n'avais que le droit de me taire et de faire du café en pleine nuit. Ma maison était toujours remplie mais je n'avais rien à dire. Je devais me taire, ne pas répondre sinon il s'énervait. Ma belle-famille me disait de ne pas répondre car il était malade des nerfs. C'est toujours ce qu'on me disait. Tous les mois, on avait une querelle, il me traitait de tous les noms ("sale bâtarde", "pute", "tu ne sais rien faire", ...) . Quand Mathieu a eu 11 mois, j'ai recommencé à travailler. Au début, il a bien voulu puis il a voulu que j'arrête. Puis j'ai de nouveau été enceinte et il a voulu que j'avorte et moi pas. Et là, a commencé le calvaire. Après les grossièretés et les disputes sont venus les coups parce que je lui ai tenu tête. Puis j'ai vu des indices qui prouvaient qu'il avait une maîtresse. Et cela ne lui plaisait pas.
A 6 mois de grossesse, j'ai dû arrêter de travailler parce qu'il y avait des complications. Sa violence a augmenté. Ses parents se mettaient toujours entre nous. Une fois, il a même frappé son père. Mais il y avait encore des accalmies. Ca allait pendant deux ou trois mois puis il remettait cela. Je n'avais rien à dire. J'en avais marre d'aller manger tous les jours chez sa mère. Je voulais avoir mon intimité mais il disait qu'on ferait comme lui, il dirait. Puis il a voulu une petite fille mais je ne voulais pas un troisième enfant avec une vie pareille. Mais il m'a dit que cela irait mieux et je me suis laissée convaincre. Mais il m'humiliait de plus en plus, il me faisait mettre à genoux devant les gens. Sa violence augmentait.
Quand les enfants ont commencé à grandir, la violence devenait de plus en plus régulière et plus forte et devant les enfants. Le dernier mois, il ne se calmait plus. Plusieurs jours d'affilée, il m'empêchait de dormir... J'avais peur, je ne dormais plus, je ne mangeais plus correctement. Les enfants aussi avaient peur. Il m'obligeait à rester nue devant les enfants et les coups qu'il me donnait étaient apparents.
Je pensais déjà partir depuis un moment mais ce qui m'a poussée à partir, c'est qu'il ait frappé à coups de ceinture les enfants parce qu'ils ne trouvaient pas la télécommande, qu'il ait fait mettre les garçons à quatre pattes et demander à la gamine de les frapper. Et aussi le fait que des voisins ont prévenu la police car ils ont entendu tout ce bordel. Il a été en fureur et un de ses amis m'a dit de partir car sinon il me tuerait. La gendarmerie m'a conduite au Collectif pour Femmes Battues.
Ce jour-là, si je n'étais pas partie, soit c'était lui qui me tuait soit c'était moi tellement j'avais des idées noires dans la tête. J'avais vraiment de la haine pour lui les derniers temps, je n'avais plus envie de lui parler. Il y avait comme une planche en bois entre nous.
Quand j'étais dans la voiture des gendarmes pour venir au refuge, mes enfants et moi avons ressenti du soulagement, un sentiment de sécurité. J'ai été très bien accueillie au refuge. Au début, j'ai déprimé car j'ai réalisé que c'était moi qui devais quitter ma maison et que je privais mes enfants de confort. Puis avec le temps, l'accueil des femmes, ça s'est passé. Les femmes me proposaient de m'accompagner en démarche. On était un bon groupe et petit à petit, j'ai surmonté ma peur. Je revivais. D'ailleurs, je serais bien restée au refuge, je me sentais chez moi. J'ai repris confiance en moi, j'ai extériorisé ma personnalité. J'avais envie de couper mes cheveux, je les coupais. J'avais envie de sortir, je sortais.
Mes enfants ont beaucoup été aidé aussi. On les a aidé à s'extérioriser, à parler de leurs émotions et on les a aussi aidé au point de vue scolaire. Normalement, on parlait d'enseignement spécial pour un de mes fils. Mais grâce aux éducatrices, mes enfants s'en sont sortis. Ils ont bien été pris en mains et même maintenant si j'ai un problème avec eux, je sais que je peux compter sur elles. Au fil des mois que je suis restée au refuge, je me sentais vraiment bien, je me retrouvais moi-même. Puis j'ai commencé à chercher un logement. J'ai trouvé une maison. Elle m'a plu directement. Maintenant je vis seule avec mes trois enfants. On est bien, on n'entend plus crier à nos oreilles, on n'a plus peur dès qu'on se lève, on est à l'aise. On a un mode de vie normale. Je suis toujours en contact avec des femmes qui étaient hébergées en même temps que moi. Je passe souvent au refuge et j'en suis très contente. Je ne me suis jamais sentie aussi bien que maintenant, c'est une vraie renaissance pour moi et mes enfants. Et, bien qu'il continue à me harceler, nous gardons le dessus. C'est la première fois que je pars et j'irai jusqu'au bout. Quand je l'ai en face de moi, j'ose lui répondre car on m'a beaucoup aidée à m'affranchir de ma peur au ventre. Un grand merci à vous toutes, c'est beaucoup grâce à vous si je m'en suis sortie
Je tiens a rappeler que meme si le cas est plus rare il existe aussi des hommes battues...
Il est aussi important que la violence ne se resume pas aux coups mais aussi à la violence morale qui peut tué aux meme titre que les coups... MERCI A CEUX QUI LIRONT CET ARTICLE JUSQU'AU BOUT